Porte-des-Laurentides
Mise à jour le 20 mai 2019.
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 RÉCITS DES MEMBRES DE QUÉBEC-FRANCE PORTE-DES-LAURENTIDES
UNE TOURNÉE SUR LA TERRE DE MES ANCËTRES PAR ODETTE PINARD
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En mai 2014, l’Association Québec-France annonce un «Voyage Découverte», avec destination : Normandie et Bretagne.

Absorbée dans ma recherche généalogique pour retrouver mes ancêtres venus de la Bretagne, de la Normandie, principalement de cette petite région du Perche, je rêvais de Mortagne, Tourouvre, Nantes et de plusieurs désignations colorées des petits villages français du XVIIe siècle. Alors, voici la porte ouverte à une visite en personne à mes cousins gaulois, descendants de nos premiers colons, et cousins en quelque sorte.

Catholiques, artisans ou nobles, militaires, filles du Roy et huguenots viendront en Nouvelle-France, animés par un désir d’accomplir une mission, participer à un projet national, désir de s’établir, de découvrir, de fuir peut-être. Quelques exilés nobles ou roturiers débarqueront par ordre des autorités.

Je vous présente quelques vignettes de ces villes et villages, et de leurs habitants qui m’ont reçu avec chaleur.


Parties de Montréal, nous arrivons à Nantes, place Royale, rue du Couëdic (Charles Louis du Couëdic, seigneur de Kergoualer, 1740-1780, participe à la défense de Louisbourg en Nouvelle-France, en 1757). Déjà, je suis transportée dans le temps en quelques heures. Je songe à mon ancêtre Marie-Blanche Leblanc et son époux Pierre LeThiecq qui y furent déportés par ordre du Roy anglais en 1795. Elle avait 41 ans et 3 enfants (voir La Mémoire, No 130, p. 10). Elle y demeura jusqu’en 1816, mais y perdit son époux (1799) et 2 enfants, avant de repartir pour les îles Saint-Pierre-et-Miquelon. Quel drame si on regarde de plus près comment était Nantes à cette époque révolutionnaire!

Nantes est charmante au printemps. Un arôme de bourgeons fraîchement éclos m’accueille et je glisse mon regard sur les toitures pointues des châteaux, celui des Ducs de Bretagne, les places, les terrasses achalandées, le port sur la Loire. Ici et là, une plaque commémorative pour un rappel d’un fait historique, tel « le cours des 50 otages », construit sur l'ancien lit comblé de l'Erdre, ce lieu tient son nom d'un épisode tragique de l'histoire de Nantes: en 1941, après l'assassinat du felkommandant, 50 résistants nantais furent arrêtés et 48 d'entre eux fusillés par les forces d'occupation allemande.

Le nom des rues m’interpelle, telle la rue de La Fosse ou de La Fesse, avec son passé de ville négrière, le château d’Anne de Bretagne, où travaillèrent mes Lethiecq. Au temps de la révolution, Nantes était assiégée par tous les fléaux qu'une guerre civile entraîne. Les menaces épidémiques et les difficultés alimentaires étaient du quotidien pour ces gens. Nourrir plus de dix mille prisonniers, coupables politiques, représente une charge presque insupportable pour Nantes, qui se révoltait contre la royauté et le clergé. La crainte de l'épidémie a beaucoup joué dans la décision d'isoler les détenus à la « prison de l'Entrepôt des cafés », puis sur des navires mouillés dans le port.

L'Entrepôt des cafés (1789) était situé en bordure du port de Nantes. Après la bataille de Savenay (23 décembre 1793) qui vit l’anéantissement de l’armée catholique et royale de Vendée, 8 000 à 9 000 hommes, femmes et enfants sont enfermés dans cette prison, et quelques personnes seulement en sont ressorties vivantes. Les noyades et les fusillades ajoutées au froid, à la faim et au typhus vident le lieu en quelques semaines. On décida de les faire périr tous plutôt que de succomber de la maladie répandue par les vaincus.

Le 4 décembre 1793 au soir, on dresse une liste de proscrits, plus de trois cents noms seront couchés sur le papier. On ordonne l'exécution par un procédé radical : la déportation verticale. Au lieu de les envoyer vers des îles lointaines ou en Nouvelle-France, on fait embarquer les condamnés sur des barques à fond plat qui sont coulées au milieu de la Loire, de nuit pour plus de discrétion, mais les corps flottent ensuite en surface pendant des jours.  Cet épisode me laisse entrevoir comment nos ancêtres devaient faire face aux adversités avant la traversée périlleuse vers la Nouvelle-France. Puis, l’économie reprendra, toujours aussi cruelle, car la traite négrière connaîtra son apogée au XVIIIe siècle et permet un enrichissement considérable du paysage urbain monumental.

La paix reviendra et la régionale de Nantes nous recevra avec « ponchs », le vin Muscadet du pays, le cabillaud, et son « crumble » que nous nous efforçons de traduire en croustade, avec maintes taquineries, délicieuse tout de même.

En route, nous nous arrêtons dans l’autre capitale médiévale et portuaire, devenue trop petite et désuète, Vannes, originellement habitée par les Vanettes, puis à l’époque médiévale, les Bretons l’auront reconquise.  Les ducs de Bretagne l’ont quittée, pour Nantes au port plus grand. Ville fortifiée, elle garde ses remparts, ses maisons à colombage du XVe et XVIe, ses places à l’ombre de la cathédrale, avec ses institutions : la banque, le commerce, la vie religieuse et la justice, les vieux quartiers aux rues irrégulières et tortueuses.  Et doucement, je marche vers le port de plaisance où les voiliers se balancent dans l’affluent La Marle. J’attends à la terrasse avec un café noisette et déguste le kouign-amann (gâteau au beurre).

Un autre arrêt à Carnac pour admirer les alignements de pierre. Ces menhirs ou « pierres longues » furent dressés à l’époque néolithique entre le Ve et le IIIe millénaire avant J.-C., par des communautés sédentarisées qui pratiquaient l’élevage et l’agriculture. Ces pierres demeurent mystérieuses et plusieurs interprétations ont été avancées, sans convaincre. Lieux de cérémonie? Espace processionnel? Marqueurs de sites privilégiés ou sacralisés?

(Voir photo Concarneau après le texte)

Concarneau (XIIIe siècle) me reçoit en fin de journée dans son petit port du XIIIe siècle et la « ville close » avec ses fortifications du temps de Vauban (1633-1707 ; Sébastien Le Prestre Vauban, ingénieur du Roy Louis XIV). Je déambule et songe à tous ces marins péris en mer dans le détroit près des Iles des Glénans en face. Une dame bretonne nous reçoit durant trois jours, Danièle Calvez, avec ses largesses.

(Voir photo Locronan après le texte)

Le village de Locronan à quelques kilomètres de Quimper nous présente ses vieilles pierres recouvertes de mousse, lichens et glycines. Une croix celte au carrefour, un si petit village d’antan toujours habité, juchée sur une colline. Des artisans du tissage du lin, des sculpteurs de pierre, des orfèvres, des brodeuses nous ouvrent leur porte pour contempler leurs œuvres et les vendre peut-être. La vieille église transmet la tradition de procession, la « Grande Troménie », avec des bannières brodées d’images de saints, tel Saint Ronan, un moine irlandais évangélisateur de la petite Bretagne.

Le bienheureux seigneur Ronan reçut le jour dans l'île d'Irlande


Au pays des Saxons, au-delà de la mer bleue, de chefs de famille puissants


Un jour qu'il était en prière, il vit une clarté et un bel ange vêtu de blanc lui parlant ainsi : 


« Ronan, Ronan, quitte ce lieu; Dieu t'ordonne, pour sauver ton âme, d'aller habiter dans la terre de Cornouaille »

(Voir photo La Pointe-du-Raz après le texte)

La Pointe-du-Raz en Cap-Sizun, fouettée par les courants et la marée. Elle a inspiré ou meurtrie bien des hommes : 

« Là, sur ce rocher sauvage, quand le soleil plonge à l’Occident,

lorsque la mer s’élève, fronde, annonce une tempête,

esprits sublimes, philosophes profonds,

âmes fortes et mélancoliques, poètes exaltés,

venez méditer en silence » — Chevalier Cambry - 1794.

Jacques Cambry, chevalier de Fréminville : né en 1749 à Lorient et mort en 1807, il a fondé en 1805 l’Académie celtique. Il occupe une place tout à fait étrange dans le domaine des lettres : inconnu du grand public, presque ignoré des amateurs de littérature, il apparaît pourtant comme de première importance aux historiens de la Bretagne pour le tableau qu’il a dressé du département du Finistère au sortir de la Terreur. La Terreur est le nom d'une période de la Révolution française, caractérisée par le règne de l'arbitraire et des exécutions de masse perpétrés par les révolutionnaires. Son instigation ayant été progressive, la date de son commencement varie selon les historiens, de la naissance du tribunal révolutionnaire en mars 1793, aux massacres de Septembre de 1792, voire aux premières têtes tranchées de juillet 1789. Elle voit le point culminant des massacres suivant la prise de pouvoir des députés montagnards en 1793, et s'achève le 28 juillet 1794, avec la chute de Robespierre.

                      En face, mais si loin, la Gaspésie de mon pays bien-aimé.

À Le Guilvinec, premier port de pêche de France en valeur débarquée de bateaux français forme l'entité des traditions du Pays Bigouden. Nous irons assister au déchargement des goélettes qui arrivent à la queue leu leu avec leur récolte de langoustines, et de poissons de toutes sortes à partir de 4 heures, et la criée est annoncée pour 5 heures en fin de journée. Au soir, je dégusterai un poisson de fond fraîchement pêché, le poisson « empereur » ou l'hoplostèthe orange qui vit entre 900 et 1 800 m de profondeur. Il a une longévité potentielle d'au moins 149 ans. Il est commercialisé sous le nom d’empereur. Délicieux.

Mes ancêtres pêcheurs d’Islande, de Saint-Brieuc, d’Yffiniac, de Saint-Malo, de Quimper et de Jersey en face, m’ont saluée au passage.

UNE TOURNÉE À QUIMPER

Vous ai-je parlé de Quimper, capitale traditionnelle de la Cornouaille, située au bord de l’Odet, et ses vieux quartiers où préside la cathédrale ? Tout à côté se trouve le musée départemental breton, créé en 1846 par la Société Archéologique du Finistère dans l’ancien Évêché de Quimper. La vocation de ce musée : réunir les éléments les plus remarquables venant du territoire finistérien comme les objets découverts grâce aux fouilles archéologiques, fragments de monuments sauvés de la destruction d’édifice. C’est l’un des premiers musées à s’intéresser à l’ethnographie régionale et aux arts populaires dès les années 1860-1870.

La collecte d’objets se poursuit encore aujourd’hui et le musée se positionne comme le principal conservatoire de l’histoire, de l’ethnographie et des arts régionaux du Finistère. Le nom de l'adhérent de Cornouaille-Québec qui m’a guidé dans la ville de Quimper est Claude FAGNEN, directeur des Archives départementales du Finistère pendant 30 ans, conservateur aux Archives départementales du Calvados, président de la Société finistérienne d’histoire et d’archéologie.  Ses publications portent sur le Moyen Âge, notamment le XIIe siècle. Il a collaboré à l’écriture du livre « Lieux de Mémoire commun – ces Villes et Villages de France – berceau de l’Amérique française » - région Bretagne. Par la suite, je visiterai la faïencerie Henriot, créée en 1690, où on nous a présenté d’autres artistes et concepteurs.

À Rennes, je déguste les plats régionaux sur la place des Halles.  Et tout près, se dressent les édifices gouvernementaux, autour les rues anciennes. Dans l’ensemble,  imaginez un groupe de communes de différentes tailles, reliées par une trame verte, alternant espaces naturels, cultivés et urbanisés : c’est le pays de RENNES. C’est aussi le modèle de la « ville archipel », une forme d’organisation qui associe la proximité au rayonnement, réconcilie la mobilité et l’environnement. À voir et à vivre.

Et ainsi j’irai demeurer tout près, quelques jours, chez Dominique et Françoise Dandois, à Bréal-sur-Montfort, près de Casson et de Rennes.

Hôtel de ville de Rennes, faisant face à l’Édifice de l’Opéra de façon concave-convexe.

Au nord de Casson, une petite ville fortifiée, Bécherel, au nom qui rappelle le livre de grammaire.  Une intuition bien fondée puisque madame Colette Trublet y a fondé « La Cité du Livre », et demeure la présidente de cette association.  Elle nous attendait dans son hameau d’hier qui fait vivre ses enfants par leur travail dans le domaine du livre. Créée par Colette Trublet en 1989, cette association a pour objectif de mettre en place une entreprise culturelle en milieu rural afin de créer une dynamique favorable à la création d'emplois pour revitaliser le centre ancien de Bécherel qui se désertifiait depuis les années 1960. Madame Trublet est psychanalyste, philosophe et auteure, et met en place des projets culturels.

Ici, depuis un quart de siècle, 500 000 ouvrages (au bas mot) vous contemplent du haut des rayonnages de 13 librairies d’anciens et d’occasions et artisans d’art du livre. Une Maison du Livre et du Tourisme, résolument contemporaine, répond à vos attentes en matière d’accueil et d’informations, présentant expositions, centre d’interprétation du livre et du patrimoine ; et, suivant les saisons, ateliers, spectacles, conférences, dédicaces, imposants marchés du livre s’installent dans le centre ancien de Bécherel, à l’ombre de son patrimoine architectural classé.

Des noms accrocheurs :
« La Vache qui lit », « le Dongeon », « Âme Lit », « La Crêpe bouquine », « Au Vieux Livre noir » 

Nous continuerons notre chemin pour aller à Dinan, Dinard, nous mettre les pieds dans l’eau et voir au loin Saint-Malo et ses remparts, d’où sont partis plusieurs de nos marins ancêtres. Nous coucherons dans la ville close, c’est-à-dire, à l’intérieur des remparts, avant de quitter la Bretagne.

À l’abbaye du Mont-Saint-Michel, une méditation pour ces pêcheurs jersiais, ancêtres de ma grand-mère Virginie LeBouthillier, à l’abbaye, puis une visite sur la sépulture de Jean Bouteillier, dans le petit cimetière.  Un petit tertre de terre avec une modeste plaque de granit rose portant son nom, rien d’autre, sinon deux plants de chrysanthèmes à fleurs rouge foncé, une croix couchée de 2 pieds de longueur portant un Jésus crucifié en métal, une assiette de faïence bleue de 6 pouces de diamètre avec des cercles et vagues, peinte à la main.  Ce possible ancêtre dans cet humble coin sud-est du petit cimetière ne semble pas oublié, mais négligé.  J’ai cassé les branches mortes des 2 plants de fleurs, essuyé l’assiette avec mes doigts, redressé l’épitaphe et laissé 2 cartes comme des bouteilles lancées à la mer avec le message : « communiquez avec moi – généalogie » ! Je cherche ainsi la date de son inhumation et les liens plus spécifiques avec ma famille.  Voir l’ascendance matrilinéaire LeBouthillier ou Bouteillier, qui sera publiée dans la revue « La Mémoire » de la Société d’Histoire et de généalogie des Pays-d’en-Haut.   La particule « Le » fut ajoutée vers 1850 pour ce patronyme LeBouthillier.

SAINT-MALO

Direction Rothéneuf et le Manoir de Limoëlou, tout près de Saint-Malo, dans la plaine agricole bretonne. Ce manoir, de type « Malouinière », est l’unique héritage de Jacques Cartier, propriété qu’il acquit lors de son troisième voyage en Amérique, mettant fin à ses expéditions outre-Atlantique. Il s’y installe avec son épouse Catherine Des Granges en 1547. Et c’est là qu’il s’éteint en 1557.

(Voir photo Maison de Jacques Cartier après le texte) 

C’est une très vieille maison de ferme du XVIe siècle, bien aménagée à la façon de l’époque, des champs cultivés tout autour. À l’été, Jacques Cartier y séjournait, et pouvait ainsi guetter les entrées et sorties des ports de Saint-Malo, Saint-Servan et Dinard. À l’hiver, il retournait dans sa résidence à l’intérieur des murs fortifiés de Saint-Malo, avec ses concitoyens.

Puis, nous séjournerons dans cette « cité corsaire », à l’intérieur des murailles, et arpenterons les rues et ruelles, les remparts, guidés par l’historien Alain Roman. Nous avons écouté les exploits de Surcouf le Corsaire,suivi les découvertes de Jacques Cartier.

Nous avons été reçus à la Maison du Québec où nous y attendait Liliane Roman, présidente de la régionale Saint-Malo-Québec. J’ai pu connaître Martine Hébert qui s’occupe de gérer le volet du Prix Marie-Claire Blais, madame Menuet, généalogiste, ainsi que trois étudiants québécois occupant leur emploi d’été dans ce site pittoresque.

En partant, je lancerai un adieu aux ancêtres de Jersey-Guernesey, à 65 km des côtes, « rochers d’hospitalité et de liberté », Saint-Hélier, St Peter’s Port et Saint-Jean. J’irai à l’été, en un prochain voyage.

Puis, sur le rocher tout près, je distingue une petite clôture blanche, protégeant à peine la sépulture de Châteaubriand, car : « Le tombeau de Chateaubriand » est celui où est enterré François-René de Chateaubriand, célèbre écrivain français, né à Saint-Malo le 4 septembre 1768, et mort à Paris le 4 juillet 1848. Il est situé sur l'îlot du Grand Bé (presqu’île accessible à marée basse), en face de Saint-Malo, sa ville natale. Le tombeau est classé au titre des monuments historiques depuis 1954.

« Un grand écrivain français a voulu reposer ici pour n'y entendre que le vent et la mer.

                            Passant respecte sa dernière volonté. »

En route vers le Perche :
Nogent-le-Rotrou, La Loupe, Ventrouze, Mortagne, Tourouvre, Saint-Aubin, Chartres et le Parc régional du Huisme.

Nous quittons La Loupe, où j’ai passé la nuit, pour Tourouvre et les nombreux autres bastions du Perche, ancienne région située au sud de la Normandie.  Un chapelet de collines et de vallons, des petites routes bordées de taillis et de champs, des manoirs et des fermes parfois fortifiées.  Des lieux chargés d’histoire où ont circulé les troupes des rois, celles de Napoléon, et les « boches », me dit-on!  Des champs de blé, lequel sera moulu et cuit au feu de bois « la baguette du Perche » roulée sous les aisselles.  Des jeunes s’y affairent avec la farine bio obligatoire, minimum mécanisation, l’avenir de demain! 

Quelques sentiers pour la randonnée pédestre, des carrefours – les maisons à arcade, l’œil de bœuf (fenêtre), les pourtours en brique, les vaches blanches ainsi s’échelonnent les paysages du Perche, inclus dans la région de Basse-Normandie.

À Tourouvre, je visite le « Musée de l’Immigration percheronne au Québec », ainsi que l’Église de Saint-Aubin de Tourouvre, où deux plaques commémoratives nous offrent la liste de nos ancêtres, tels les Mercier, Pinguet, Lousche, Gagnon, Rivard, Creste, Lambert.

Puis, Édith Vieillerobe, une institutrice, nous indiquera la route pour repérer La Gaignonnière, qui est une maison de ferme et sa bergerie, toujours debout, dans un rang entre Ventrouze et Tourouvre, maintenant habitée par un couple charmant qui nous accueille, et nous fait visiter le puits, l’intérieur et ses pièces anciennes et objets traditionnels.  Cet ensemble de fermes fut habité par la famille Gagnon, dont plusieurs membres migreront en Nouvelle-France à l’appel de Robert Giffard et des frères Juchereau.

(Voir photo La Gaignonnière après le texte)

 La faim nous tenaille, et nous nous dirigeons vers le Manoir de Le Courboyer tout au centre du Perche, appelée : La Maison du Parc du Perche qui est un site emblématique du Perche par son manoir, dont l’édifice fut construit à la fin du 15e siècle, classé monument historique et son domaine de 65 hectares. Nous y dégusterons le boudin noir sur un matelas (tranche de pain du pays), avec un petit cidre naturellement.  Le boudin noir est l'une des plus anciennes charcuteries connues. Il est fabriqué à partir de sang de porc, de graisse de porc et de condiments, et, dans une moindre mesure, de sang de mouton et de chèvre. Et pour terminer : la fraisière.

Nous retournerons chez notre cousin de Favril, tout près de La Loupe : Gabriel Gangnant, son épouse Sylvie Armand, et leur fille Éloïse.  Deux fils demeurent tout près : Gaël et Brys. Ceux-ci nous reçoivent dans leur maison de ferme du XVIIIe siècle restaurée.  À l’arrière, des bâtiments-lavoirs, des arbres fruitiers, un étang avec quelques poules d’eau qui se cachent à notre arrivée.  Du bois de chauffage sèche sur le côté du champ.  Il m’explique que son ancêtre Gille Gangnant est parti pour l’Île de La Réunion, avec le métier de tonnelier. Il eut 11 enfants avec une esclave indienne (de l’Inde) et sans nom.  Les membres de cette famille ont essaimé sur l’Île.  Gabriel reviendra au Perche, et poursuit la descendance.  Il fut receveur à la Poste des différents villages, son épouse Sylvie de même.  Il écrit maintenant dans la revue trimestrielle « La Gazette – Beauce, Perche et Thymerais ».

(Voir photo Maison de Louis Houde après le texte)

À Manou, nous avons visité la maison de notre ancêtre Louis Houde avec ses pierres de grison et les ouvertures et angles bâtis en briques, une architecture typique de cette région.  Le grison est une roche dure de la région du Perche, des bords de l'Avre et de la Risle dans les départements français de l'Eure, d'Eure-et-Loir et de l'Orne. Peu profonde sous le sol, elle est constituée d'un agrégat de cailloux siliceux soudés par un ciment ferrugineux donnant une couleur brun-rouille à l'ensemble. Elle est utilisée pour la construction de murs solides.

Et direction Chartres, où convergeaient les habitants du Perche, au bout de la route, dans l’archevêché du même nom, dans la plaine de la Beauce, où une présence humaine serait avérée dès le néolithique tandis qu'une implantation humaine permanente aurait eu lieu vers la fin de l'âge du fer.

 
Adieu Perche de mes ancêtres, où je souhaite retourner un jour !

 

PAR ODETTE PINARD,

MEMBRE DE LA RÉGIONALE « PORTE DES LAURENTIDES »
ASSOCIATION QUÉBEC-FRANCE
2014.

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